Plus que cinq fois dormir avant de pouvoir dormir un peu le matin. Avant de pouvoir faire une grasse matinée. Parce que là, je suis dans le marathon de l’année, pour moi. À mon boulot, c’est le rush, c’est sans doute la plus grosse période de l’année avec du 14 juillet au 15 août. C’est étonnant mais plus les gens sont en vacances, plus ils mangent du poisson et autres produits de la mer. Plus les gens font la fête en fin d’année, et plus ils mangent des coquillages et des crustacés et plus ils sont prêts à faire des dépenses intempestives, pour certaines, qui pour le réveillon, qui pour la boisson, qui pour les cadeaux et qui pour… Non, pas pour le Kippour. Le Kippour, c’est le jour des propitiations et ça, c’est un mot que je n’avais encore jamais écrit de toute ma vie. Mais je parlais des dépenses qui pour et pour ceux qui sont raisonnables ou qui ne peuvent pas, ce sont les qui pas. Mais pas kippa. Décidément, il y en a qui… et je me demande si je ne serai pas pour. Ou moins contre. Mais pourquoi diable suis-je donc tout le temps coupé, tout le temps interrompu alors que je voulais seulement parler de ma charge de travail pour ces fêtes de Noël. Parce que pour le Nouvel An, c’est déjà un moins chargé pour ne pas dire plus calme.

Donc, dans un premier temps, j’ai ces quatre prochains matins à me lever, parfois à rebrousse pas-poils (je suis très peu poilu alors que ça ne m’aurait pas déplu qu’on me dise : merci d’être velu ! » en me voyant arriver, les trois premiers boutons de ma chemise ouverts sur un début de torse viril et sans complaisance.) La fin de la phrase ne veut rien dire mais c’est ce qui est venu au bout de mes doigts un peu las de travailler tant et tant en cette période de surchauffe professionnelle. J’ai donc encore quatre fois à me lever avant de me retrouver sans être obligé de le faire. Mais comme j’ai un (tout) petit esprit de contradiction, quelques centimètres seulement, surtout au repos, quand je dors, il faut savoir que quand je ne travaille pas, je suis malgré tout un lève-tôt. À l’opposé de certaines nanas qui seraient plutôt des couche-toi-là. Moi, je ne mélange pas le cul et le travail. Ni le sexe et le boulot. Et encore moins le pénis et le turbin… Tout ça pour montrer que je connais au moins trois façons de dire les choses, trois synonymes et trois moyens de remplir un peu plus ce billet. Mais là, je me demande si je ne vous raconte pas un peu trop les secrets du chef. Alors, brisons-là sur ce point et revenons à l’essentiel.

Tel que je me connais, mercredi prochain, matin de Noël, alors que sera Irénée, le divin enfant, sera enfin parmi nous, je pourrai dormir au moins jusqu’à 6h30. Et pourquoi même, soyons fous, envisager de pousser jusqu’à 7 heures. Et regarder dans la rue comme chaque matin ou presque pour voir s’il y a des gens perdus dans ce qui sera aube de Nativité et surtout, un déballage de cadeaux frisant l’indécence, cadeaux qui me font penser à un bakchich que certains offrent à certains autres comme pour se faire acheter une place dans leur cœur ou dans leur environnement. Et moi, les yeux encore un peu embués de sommeil, je regarderai dans le vide en me disant : « Tiens, un jour normal, pas comme celui-ci, à cette heure-là, je serais en train de faire ceci ou de chercher cela, dans mon activité socio-professionnelle. Ou de me prendre la tête à cause d’untel ou de gueuler contre une telle. Et là, devant la vacuité d’une grasse matinée en plein régime hypotendu, je me dirai que franchement, quelle chance que de pouvoir traîner chez soi un matin de Noël à ne regarder rien à travers une fenêtre d’un cinquième étage d’un rue un peu désertée.