Je suis là, chez moi, devant mon PC, en train d’écouter Rodolphe confier à Marcel qu’il souhaite se séparer de Lucie sous un prétexte fallacieux : il veut la quitter car elle est gravement malade et qu’il n’a pas les moyens de la soigner chez lui. Enfin bref, une histoire à dormir sans feu à l’âtre et à se les geler. Un truc d’un autre siècle, en quelque sorte. Et que je n’écoute que d’un œil distrait parce que, au fond, ça ne m’intéresse pas.

Et là, pendant que les deux gars devisent sur cette séparation à venir, moi, je me pose une question. Parce que je m’en pose souvent des questions et que j’aime bien avoir des réponses à toutes ces questions que je me pose et me repose. Et pendant que je fais ça, mon esprit ne se repose jamais, justement mais là, je sens que je m’éloigne du chemin que je voulais prendre.

Oui, alors donc, pendant que la fameuse Mimi (rien à voir avec Mireille Mathieu et ses mille colombins) annonce comme ça que « personne n’est seul en avril » moi, je me demande s’il existe des questions sans réponse. En tout cas, au moins une. Une question sans réponse. Et sans compter l’existence (ou son contraire) de Dieu et celle de la vie après la mort. Non, je parle de questions du quotidien, tant qu’à faire.

Parce que sinon, dès qu’on aborde la philosophie, la métaphysique et la pataphysique, ça, c’est certain que des questions sans réponse, il y en a autant que les feuilles mortes : à la pelle. Et moi, je pose la question qui va bien : existe-t-il des questions sans réponse ? Peut-être est-ce là la question sans réponse. À moins que parmi vous, il y en ait pour en trouver une, de réponse à cette question.

Et pendant que j’en arrive à ce paragraphe, je me rends compte que j’ai écrit onze fois le mot question, non douze, maintenant, dans ce billet. Un record, je n’ai jamais autant écrit ce mot, question (et treize, treize à la douzaine, maintenant, le compte est bon !) qu’aujourd’hui. Je suis assez content de moi. Je sais, il m’en faut peu mais il faut aussi savoir se contenter de peu. Surtout quand on est coutumier de l’exigence. Tout d’un coup, ça apporte un peu d’exotisme dans la vie. Dans la mienne, en tout cas, c’est déjà ça.