Je m’ennuie à 18h27. Je m’ennuie à 18h28. Je m’ennuie à 18h29. Je m’ennuie à 18h30. Je m’ennuie à 18h31. Je m’ennuie à 18h32. Ça fait déjà cinq minutes que je m’ennuie.

Je m’ennuie à 18h33. Je m’ennuie à 18h34. Je m’ennuie à 18h35. Je m’ennuie à 18h36. Je m’ennuie à 18h37. Je m’ennuie à 18h38. Ça fait maintenant dix bonnes minutes que je m’ennuie.

J’ai même compté les intervalles entre les minutes pour être parfaitement certain de mon coup : ça fait bien dix minutes que je m’ennuie, parce que je n’ai pas précisément commencé de m’ennuyer à 15h27, je n’avais pas de quoi compter les centièmes pour vérifier si ce que je disais était vrai ou pas.

Mais ne vous méprenez pas, je ne m’ennuie jamais, non, non, non. Mais j’ai voulu tenter une expérience et voir comment ça faisait quand on s’ennuie. Je ne suis même pas sûr d’avoir bien réussi parce que si j’ai compté les minutes, c’est que ça m’a occupé. Si j’ai été occupé, c’est que je ne m’ennuyais pas.

Alors, faut-il vraiment croire les gens quand ils disent qu’ils s’ennuient ? Rien que le fait de le dire, ça leur fait penser à autre chose, ça leur met de la lumière sur eux et ça demande une réponse. En tout cas, qu’est-ce que je ne ferais pas devant mon écran blanc quand je ne sais pas quoi écrire…