Ça arrive tous les jours, qu’un adolescent ou un jeune adulte se trouve dans un tel conflit avec son père, sa mère ou ses deux parents, qu’il menace de partir et bien souvent, le(s) parent(s) n’hésite pas à proposer à son fils ou à sa fille de prendre ses affaires, la porte est ouverte et ainsi, le laisse mettre sa menace de partir à exécution. Lui, ça ne lui est arrivé qu’une fois et il n’est pas parti parce que, dans les cris et les larmes, il a justement menacé de partir, son père lui a justement rappelé que la porte était ouverte et sa mère a vu qu’il commençait à se diriger vers la sortie et a crié que non, il va le faire, notre père, ne le soumets pas à la tentation, s’il te plaît, amen.

L’aurais-je fait, moi-même, dans un cas pareil ? Je crois que je ne serais pas allé bien loin car j’étais bien trop téméraire et bien habitué à notre confort pour aller me perdre ailleurs, lâcher la proie pour l’ombre et surtout, l’inconnu, cet inconnu qui me faisait trop peur. Même si on ne parle pas de la même époque et des mêmes mœurs que celles d’aujourd’hui. Et je n’ai jamais eu besoin d’en arriver à de telles extrémités mais pourquoi pas, cette première façon de partir, sur un coup de tête, en pleine émotion, peut me ressembler. Et ma mère aurait pu être la seule à me retenir, alors. « Je ne pars pas pour ne pas faire de peine à la mère ! »

C’est toujours la même façon de prendre la porte après une engueulade parentale. Les seules différences sont dans le moyen de se faire retenir avant de franchir le seuil de la maison ou de l’appartement. Se faire retenir en beauté, avec une certaine gloire ou un certain panache. Pourquoi pas les deux, mais là, ça n’est pas aussi facile que ça. Trouver de la compréhension de la part du père en colère me paraît peine un peu perdue car cette compréhension qui pourrait se transformer en fierté de voir sa progéniture tenir la dragée haute comme un valeureux soldat a peu de chance de montrer le bout de son nez.

Non, ça reste plutôt le doigt accusateur qui risque de pointer plus longuement qu’à son tour. Et voici donc une deuxième façon de ne pas partir de chez ses parents. L’adolescent ne sait pas trop quoi répondre à son père en colère et il tente de faire le dos rond et de laisser glisser tout ça car il a un autre objectif, il ne perd pas le nord mais ne veut rien montrer. Son père gueule, gueule et gueule. Le fils commence à n’en pouvoir plus et finalement, voyant le temps passer et, voulant en finir avec cette scène, menace de partir. « La porte est ouverte, on ne te retient pas ! » lui crier son père, hors de lui. Et le jeune de ne pas bouger. « Alors ? » « Alors, je reste, il y a Bordeaux – Francfort dans dix minutes à la télé ! »

Dernière façon de ne pas partir du domicile parental, c’est encore une fois après une crise, une crise de plus, une crise d’autorité et le fils de famille, pas forcément un vrai voyou, non, non, il pourrait d’abord laisser monter la tension comme un soufflé dans le four et attendre que tout ça se dégonfle et partir retrouver sa Gameboy ou son Smartphone pour se retrouver enfin dans sa vraie vie et oublier un peu ses parents encore plus cons que d’habitude, ces vieux ringards qui ne comprennent rien à la vie. Mais si le père exagère un peu trop, le jeune pourrait enfin sortir de ses gonds et menacer de quitter le foyer familial. « La porte est ouverte, on ne te retient pas ! » lui crierait son père, hors de lui. Et le jeune de ne pas bouger. « Alors ? » « Alors, je reste, je ne peux pas partir, je suis en chaussons ! »