Ça avait déjà plus ou moins mal commencé vu que je me tape une migraine des familles depuis hier midi et que pour l’instant, aucun signe de rémission en vue mais je me suis dit, contre mauvaise fortune, bon cœur, je ne vais pas déroger à mes habitudes du lundi en temps normal : un petit cinéma après déjeuner, à la séance de 13 ou 14 heures et hop, un bon moment de détente ou de culture avant de me mettre en cuisine pour préparer le plat du soir, pour deux repas dans la semaine, la salade composée pour demain midi, une salade de fruits pour demain matin, un petit plateau apéritif pour le président, une macération de rhum arrangé pour les fêtes, mon sandwich coupe-faim pour demain milieu de matinée, un litre d’infusion, faire la vaisselle correspondant à tout ça et ensuite, me poser sur le canapé pour me détendre avant la reprise du mardi. Voilà. Ayant déjà vu « Les garçons et Guillaume à table » hier après-midi, il ne me restait plus grand-chose mais j’ai quand même trouvé quelque chose à aller voir de bonne heure. À cette séance d’ordinaire plutôt calme et peu fréquentée en ce premier jour de semaine. Donc, si ça avait plus ou moins mal commencé, ça n’avait aucune raison de mal continuer.

C’était sans compter sur les vieilles dames indignes et emmerdeuses publiques. Je suis arrivé avant le début de la séance, comme presque toujours et j’ai fermé les yeux pour oublier cette migraine, le temps que la salle tombe dans une quasi-pénombre pendant les bandes annonces et les publicités, les publicités et les publicités. Puis, le noir, genre salle obscure, se fait, le générique débute et le film le suit de très près. Deux personnes à trois rangs devant sont en train de jouer avec leur Smartphone alors même que le film a démarré. Une dame leur crie gentiment mais fermement de les éteindre. Je n’en pensais pas moins. Merci madame. Près de dix minutes passent, je ne sais pas encore si je m’ennuie ou pas mais en tout cas, j’essaie d’entrer dans le film, non sans quelques difficultés. Je devine que des gens arrivent en retard. Mais tant que c’est silencieux, je m’en fous un peu même si je ne comprends pas ça. Pour moi, un film commencé, ça n’a plus aucun sens de venir le voir. Mais chacun voit midi à sa montre. Pour ma part, je préfère attendre une demi-heure avant le début d’un film que d’arriver ne serait-ce même qu’une minute en retard. Même le pré-générique, je tiens à le voir. Je suis comme ça, moi.

Puis, des voix de femmes. Des voix de femmes très en retard, hésitantes à avancer dans le noir mais ne rechignant pas à parler haut et fort. Comme si on ne les avait pas déjà entendues. Et, au lieu de voir pour s’installer tout de suite en arrivant dans la salle, non, elles ont contourné tout le haut pour aller à l’opposé, vers là où j’étais assis tout en continuant de commenter leurs difficultés à avancer dans le noir. Une dame leur a demandé de se taire. Elles n’ont pas écouté et ont continué de faire comme si elles étaient chez elles. Je m’y suis mis. L’une d’elles m’a dit qu’elles n’y voyaient rien. « Vous n’aviez qu’à arriver à l’heure !» Elle m’a répondu qu’on ne faisait pas toujours ce qu’on voulait et tout et tout. Elle a voulu venir s’asseoir dans ma demi-rangée où il ne restait plus qu’une place. Elle est allée dans celle de devant pendant que l’autre, toujours debout derrière, continuait de se plaindre de ne rien y voir. La première a absolument voulu aller au milieu de la deuxième rangée « deux places centrales et le plus loin possible de l’écran ». Je n’ai pu m’empêcher de leur demander une dernière fois de se taire, aux deux emmerdeuses. La deuxième, arrivant enfin à sa place m’a dit : « pour l’instant, il ne se passe rien dans le film ! » et là, j’ai explosé : maintenant, vous la fermez et vous vous asseyez sinon, je me lève ! Ça ne m’aurait pas dérangé de m’attaquer à plus faible que moi mais elles étaient deux.