Un tueur (à confirmer mais quand même, un fort faisceau de présomptions à ce sujet-là) dans la nature, à Paris, ayant gravement blessé un assistant photographe de chez Libération, ayant semé la panique dans les locaux de ce journal, dans une banque de la Défense, auprès de la personne prise en otage jusqu’aux Champs Élysées et dans toute la population. On a tous pensé à l’affaire Merah dans le sud-ouest, en début d’année. Même s’il n’y a certainement aucune réelle similitude, on peut se demander jusqu’où pourrait aller ce… ce forcené ?

Des inondations dramatiques en Sardaigne. Une catastrophe contre laquelle personne n’a pu rien faire. Comme toujours, dans ce genre de dérèglements météorologiques ou ce genre de phénomènes naturels (tremblement de terre, éruption volcanique, tsunami…), on est obligé de subir et de faire avec. C’est une loi ancestrale dans laquelle, l’homme n’est jamais le plus fort. Son prédateur, c’est la nature quand elle se réveille. Ou lui-même. Mais là, il ne peut s’en prendre qu’à lui et aucun dieu n’y pourra jamais rien de plus.

Il y a eu cet extraordinaire typhon aux Philippines. Mais c’est loin, les Philippines. C’est un pays pauvre, les Philippines. On s’en fout tous un peu, des Philippines. Il faut bien l’avouer, les Philippines, c’est un peu le cadet de nos soucis. Ça nous a ému, ça nous rend triste quand on y pense mais oublie vite d’y penser. Et puis, reconnaissons-le, ça aussi : si ça avait été aux États-Unis, on en aurait tellement plus parlé dans les medias. Au nom de l’OTAN en emporte le vent ? Non, au nom d’une règle primaire qui veut qu’on ait ses préférences. Ses chouchous. Les bons élèves et les cancres.

Il y a la faim dans le monde mais là encore, on s’en fout un peu. Il y a la pauvreté en France, la misère à côté de chez nous et là, en ce début d’hiver (la preuve, St Étienne a subi une avalanche aujourd’hui !) Il y a les sans-abris, il y a les travailleurs pauvres, il y a les expulsables pour de mauvaises raisons, il y a la montée du Front National et la crainte que ça ne se termine mal. Il y a Minute qui mériterait qu’on fasse celle de silence à son sujet. Il y a les licenciements. L’extrême droite qui a déposé la marque des bonnets rouges. Bref, plein de choses carrément pas terribles. Pour ne pas dire pire.

Eh bien non, la une des journaux télévisés, radiophoniques et/ou papier, aujourd’hui, c’est la victoire des Bleus contre l’Ukraine. Comme si c’était la chose la plus importante du monde. Et chacun de refaire le match même ceux qui n’y croyaient pas. Un monde d’opportunistes et de lanceurs de poudre aux yeux. On n’a gagné que la qualification, pas la Coupe du Monde. Et on s’en honore comme si on avait eu le prix Nobel. Non, je blague, moins que quand on a un prix Nobel. En tout cas, je me dis que c’est vrai, ça : à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. Vivement la grève de ces milliardaires à la fin du mois, tiens, qu’on entende enfin d’autres sons de cloche à leur sujet.