Clic-clac, Kodak. Ça aurait pu faire l’objet d’un reportage photos mais non. Pas même avec mon Smartphone. Qui commence par un S. Comme Stéphane. Car en réalité, je vous le dis, ça n’aurait pas rendu grand-chose et si j’ai besoin de les revoir, je peux aller sur Internet et surfer sur les sites marchands. Qui me feront croire que ceci, réduction ; que cela, parking offert et que patin et couffin. Alors, je me suis contenté de les regarder. Et comme j’en ai eu vite marre, je me suis assis dessus afin de satisfaire mon désir de n’en pouvoir plus. Et surtout pas d’en vouloir plus. Que nenni !

Ça a commencé par un déjeuner dans une cafeteria où j’ai voulu payer pour le président et moi. Le président, venu incognito, sans badge d’ambassadeur de Bordeaux, sans badge de l’Unesco et de la Fédération de Danse et sans son dossier sur les problèmes de chaudière de la résidence. La résidence de la présidence prend parfois l’eau mais pas toujours l’eau chaud. Il fallait le savoir, c’est un des dossiers les plus urgents du président. Mais ne serais-je pas en train de dévier de ma ligne droite, celle qui devait vous mener à mon but ? Touche pas à mon but, comme diraient les 143.

Ça a continué par un petit coup d’œil chez Interiors. Bof. Sympa mais très girly. Pas trop mon truc. Même si ça n’est pas laid, ça n’est pas ce que j’aimerais forcément pour mon fessier ni pour mes reins. Ni pour mes vautrages et encore moins pour mes échouages. Alors, on a continué chez un concurrent qui se la voulait un peu plus classieuse. Mais pas très plaisante, la visite. Et son représentant non plus. Un truc du genre Master Meubles maison Charbit. La maison Charbit, c’est bon comme là-bas, dis ! En fait, non, pas vraiment. On oublie. C’est mieux.

Ensuite, droit au but, tiens, comme on y revient. Et dans la foulée, on a continué chez Mouche, sans qu’on en rate le coche. En même temps, c’est tellement copié-collé sur Ikéa que franchement, quel intérêt ? On en a fait encore deux ou trois autres avant de se retrouver chez Conforama. Et là, à force de s’asseoir sur des canapés sans en manger, j’ai fini par frôler l’overdose : Château d’Ax, qui m’a fait penser à une eau minérale, c’était très design mais pas du tout ce que voulait le président. Roche Bobois, trop cher. Et untel, bof et autretel, bof bof. J’en avais marre, c’est moi qui vous le dis.

Finalement, on a enfin pris la route du retour et j’ai franchi la ligne d’arrivée de ce marathon sur canapé en allant à la banque pour récupérer ma carte, laissée dans le distributeur, hier après-midi, lors d’un moment d’égarement quand je n’ai pas vu verser les pots-de-vin que j’avais perçus pour des délits d’initiés que j’avais commis en toute impunité et en toute discrétion. Avant d’aller changer les places de jeudi pour Otello de Verdi au Grand Théâtre. Et de passer au magasin bio pour acheter du lait de chèvre. On aurait pu m’offrir une coupe. J’ai gagné la course, quand même.