J’ai encore envie de m’insurger, ce matin, ce midi. Et peut-être même ce soir. Car, quand je suis dans cet état-là, en général, c’est comme une migraine, ça ne me quitte pas d’un simple claquement de doigts. Pas plus avec un comprimé anti-rébellion.  Parce que franchement, les medias squattent nos cerveaux afin de nous empêcher de penser en rond. Et d’aller chercher les petites bêtes dans un coin. Et nous sommes tous là, à dire amen, à faire la queue pour avoir du rabe et à prier pour espérer qu’on puisse revenir en reprendre. Non, non et non. Quand j’entends les titres des journaux télévisés, quand je vois les unes des quotidiens ou/et des hebdomadaires. Quand on sait ce qu’on sait sur les réseaux sociaux et autres défouloirs individuels d’une grande lâcheté. Parce que c’est tellement plus courageux d’éjaculer sa hargne sur un clavier et devant un écran. De façon virtuelle.

Tiens, par exemple, moi, qui ne suis pas le dernier à utiliser ces nouveaux « outils de communication », je ne suis membre d’aucun réseau social. Je ne suis pas inscrit sur Face Book et je peux vous certifier qu’on peut tout à faire vivre sans ça. Je ne suis jamais allé sur Tweeter et je n’ai pas spécialement envie d’aller y mettre les doigts. Et je suis même effaré de lire, parce qu’on en parle partout et parce que ça fait le buzz, comme on dit, je suis effaré de lire combien ça manque de recul. Et tout simplement d’intelligence. Du minimum syndical d’intelligence. Tweeter me semble plus proche de chiottes publiques que d’un véritable forum d’idées. D’ailleurs, s’il y avait des idées, ça se saurait. Et pour Face Book, si ça avait la quelconque utilité autre que celle de s’exposer et ensuite, parfois de le regretter, ça se saurait aussi.

Pourquoi ce billet s’intitule-t-il « la moraine » ? Parce que, une nouvelle fois, on fait une affaire (presque d’état) d’un incident anecdotique et ça plaît aux medias. Pourquoi Nadine Morano a-t-elle porté plainte contre Guy Bedos qui l’a traitée de connasses sur scène (le seul dernier endroit de liberté d’expression) ? Elle a tant besoin qu’on parle d’elle dans les medias ? Elle est en manque d’image ? Plutôt à court d’idées, oui. Parce que la moraine, elle a, plus souvent que bien d’autres, été capable de grossièreté et de vulgarité et l’insulte, elle la manie aussi bien sinon mieux que Guy Bedos, parce que lui, au moins, il sait faire rire les gens, pas tous et pas toujours mais elle, quand elle nous fait rire, c’est ironique. La pauvre femme. À cause d’elle, on a surtout envie de garder l’Alsace et pas la moraine.