Tout s’explique avec un peu de patience, un appareil à mesurer et le temps de le faire. Mais il faut alors assumer les résultats, fussent-ils mauvais. Et en ce qui me concerne, ils étaient loin d’être bons. Loin de la moyenne. Même pas passables. Alors, ce soir, je vais faire profil bas et me dire que je dois relever la tête tout en courbant l’échine de honte. Déjà, rien que ça, physiquement, ça va me demander un peu d’effort et beaucoup de travail car ça relève du contorsionnisme ou alors, je ne m’y connais pas. Et attention aux courbatures et pas seulement au cou. Attention aux culbatures aussi. Et aux dosbatures. Tout est sensible, en ce moment chez moi. J’ai des points G un peu partout et un rien me titille. Que ce soit l’estomac, le cœur, le cou, le ventre, les genoux ou la tête, alouette, alouette. Je crois qu’il va falloir que j’aille passer un contrôle technique et envisager de changer des pièces car tout ne peut plus être d’origine.

D’autant moins que ça ne se répare pas vraiment, ces pièces-là, celles qui sont défectueuses, des comme ça, on n’en trouve plus que des made in China, des made in Ethiopia et des made in India. Alors si c’est pour que ça pète de nouveau juste après la garantie, au bout d’un an, je préfère encore rafistoler ce que j’ai avec les moyens du bord. Quel bord ? Le bordel, ben tiens. Ça se bouscule au portillon, chez moi. Un jour, j’ai mal là, le lendemain, j’ai mal ailleurs et j’en vois un qui commence à me faire les gros yeux, c’est le père Ouvrard qui, du fond de sa tombe, n’en finit pas de se retourner. Il a la rate qui se dilate et moi, j’ai le foie qu’est pas droit. Il a le ventre qui se rentre et moi, j’ai l’estomac qui va pas. Il a le coccyx qui s’dévisse et j’ai les genoux qui sont tout mous. Ah mon Dieu que c’est embêtant d’être toujours patraque. Ah mon Dieu que c’est embêtant, je ne suis pas bien portant. Et portant, je fais attention à plein de choses pour aller bien, pour aller mieux.

J’ai même essayé de passer un examen pratique sur la tension artérielle mais je me suis retrouvé avec une note vachement trop basse, je me suis fait éreinté par le jury : 8.5 sur 20. Même pas le taux d’alcool minimum d’une bouteille de vin qui se respecte. Non, je déconne. Je vois tout en noir et j’ai le moral gris qui ne sourit pas. En réalité, j’exagère toujours dans le négatif, je n’ai pas que 8.5, j’ai un peu plus que ça et en plus, la tension artérielle, ça ne se mesure pas sur 20. En vrai, j’ai 8.6, c’est quand même un dixième de plus. Et j’ai 71 au test des battements de cœur. 71 sur 20 et si ça, ça vaut pas la peine de se battre pour aller mieux. Et en plus, 71 sur 20, sans tricher. Sans dopage. J’en connais dès qui peuvent pas en dire autant. Vivement ma prochaine analyse d’urine, avec un peu de chance, j’aurai peut-être une bonne note. Et une belle robe. Un bon bouquet. Et de la goule. Pourquoi pas essayer d’avoir un vin sur vin ?