Zoom avant sur Angelo, le petit vendeur employé par la dame de Marmande pour les fruits et légumes du marché du dimanche, sur la place Pey Berland. J’ai déjà eu l’occasion de parler de lui à plusieurs reprises dans ce blog depuis que je l’ai ouvert. Parce que j’aime bien ce marché (vous l’aurez déjà compris) même s’il est petit, ce n’est pas toujours la taille qui compte, on le sait bien, désormais et parce que j’aime bien Angelo, qui est un jeune courageux, probablement encore étudiant si j’ai bien compris, un jour qu’il s’était coupé un doigt et que la patronne s’était maternellement moquée de lui en lui disant que s’il voulait devenir médecin, il ne fallait pas qu’il se sente mal pour trois gouttes de sang. Donc, moi, en super inspecteur Colombo, j’en ai déduit que… et donc… alors forcément, il sera médecin, Angelo et non pas séminariste car même avec un prénom pareil, il ne faut pas gâcher la marchandise. Ni les vocations. Si la sienne, c’est de soigner le corps des autres, pourquoi irait-il soigner leur âme ?

Mais là, encore une fois, je m’égare comme une brebis pas très fidèle ni pieuse et je digresse comme un rejet de liposuccion. Et j’en ai bavé avec l’orthographe de ce mot, merci le correcteur automatique. Spontanément, j’avais mis deux ‘p’ et un seul ‘c’ alors que c’est justement l’inverse, il ne fallait y mettre qu’un seul ‘p’ et deux ‘c’, c’est bien, j’aurais appris quelque chose, ce soir. J’espère juste que je ne serai pas le seul. En même temps, ce n’est vraiment pas un mot que j’ai eu souvent l’occasion de l’écrire, ce mot et je ne sais même pas si je l’ai déjà lu quelque part. Je l’ai déjà entendu mais ça s’arrête là. Où en étais-je avant que je ne parenthèse sur quelques bons mots ? Ah oui, la vocation d’Angelo… la médecine… Peut-être un jour le saurai-je, si j’ai bien compris ce que je crois avoir compris mais cela changera-t-il ma vie ? Non. La réponse est d’une clarté implacable. Avec un seul ‘c’ pas comme dans liposuccion. Reste juste à savoir pourquoi ce titre « ou le bâton » alors qu’il n’en a pas encore été question depuis le début.

Et parce qu’il n’en sera pas non plus question jusqu’à la fin de ce billet. Mais en revanche, je vais parler de carotte. D’une carotte en particulier. Et ça a un rapport avec Angelo. Parce que hier, alors que les vieilles dames devant moi se faisaient servir, j’ai vu Angelo ramasser une carotte, française, de taille moyenne et d’une couleur parfaitement orangée. L’a-t-il ramassée sur le banc ou par terre ? Là, je ne sais pas, j’avoue mon ignorance. Mais ce qui m’a frappé, il faut dire que je n’avais rien d’autre à faire que regarder les vendeurs et la patronne parce que les clientes ne m’intéressaient pas, ce qui m’a frappé, c’est qu’il l’a mise dans la poche arrière gauche de son pantalon, Angelo, la carotte en question. Et il a continué de servir. Et il l’a reprise dans la main avant de la mettre dans la poche arrière droite du même pantalon. Est-ce qu’il s’agissait d’un code ? D’un détournement partiel de marchandise en vue d’une contrebande de carottes ? Je n’ai pas osé lui demander. J’ai eu peur d’être indiscret. Mais si ça se trouve, c’était juste comme ça. Pour rien.