Non, non, il n’y a pas de faute à porc-épique. Je sais très bien que ça ne s’écrit pas comme ça mais j’avais envie de faire un néologisme amusant sur le fait que pour moi, ce sera forcément très épique, fort épique. Parce que je sais que je partirai comme si nous étions cinq cents mais par un prompt renfort (épique), nous serons trois mille quand nous arriverons à bon port (épic) et je me doute aussi que ça doit vous titiller un peu, tout ce qui pourrait passer pour du charabia ou de la littérature un peu automatique sans queue ni tête mais avec plein de piquants et d’héroïsme. De piques et d’épique. Serai-je enfin capable d’être bientôt un peu Bayard, le chevalier preux sans peur et sans reproche ? Ou comme la dernière fois qu’on m’en a fait une grosse dans les fesses, ne serai-je qu’un simple braillard, en pleur et plein de reproches ? Je ne sais pas, j’aimerais tellement que ça penche pour la première solution. Mais la question qui se pose alors, si c’est la première solution, c’est : sera-ce une solution aqueuse ? Comme le piano, quoi ! Je vais essayer de me préparer mentalement à cette épreuve à venir en essayant de ne pas trop y penser. Car si trop je pense, j’essuie les plâtres et je m’embrouille les pinceaux et ça fait tache dans le tableau. Vous avez remarqué qu’il n’y a pas de petit chapeau sur la tache car quand on est poli et qu’on n’est pas très propre, on se découvre.

Moi, je me découvre mais je suis quand même poli et plutôt propre, du moins, le supposé-je. Ça, c’était juste histoire de faire un mot. Un de plus. Et c’est sans compter sur tous ceux que j’ai appris aujourd’hui en lisant un bouquin que Claude m’a prêté. Je ne peux pas dire que j’accroche vraiment à l’histoire mais je vais faire un effort et ne pas faire comme si je ne savais pas lire un ouvrage que je n’ai pas choisi moi-même, ce qui est pourtant plus dans mes cordes. À sauter. Du coq à l’âne. Ces mots-là, comme chez Mollat, je les mets de côté pour un autre jour où je serai bien inspiré de les placer à bon escient et avec un aloi digne des meilleurs. Normalement, ça non plus, ça ne se dit pas mais comme pour le porc-épique, j’ai envie de néologismes, ce soir. Les miens n’étant bien sûr que des figures de style et non des lemmes. Naturellement. Or donc, pour en revenir au sujet de ce billet, il va bientôt être question d’acte de bravoure (mais pas de bravitude) et autant vous dire que de ma part, nous sommes loin d’un simple événement anecdotique comme il en arrive tant dans les copropriétés ou les bureaux : « Les poubelles de l’immeuble n’ont pas été sorties ? » ou encore « Tu as vu, elle est encore sortie fumer, elle passe son temps à ça, tu parles, c’est facile de faire ses heures dans ces conditions-là ! », tout ça, ce sont que des épiphénomènes de vies étriquées.

Non, moi, je vais vivre une aventure que même dans Koh-Lanta (ça s’écrit comme ça ?) on n’oserait pas l’imposer aux candidats. Encore que l’épreuve de la mort du candidat juste avant le suicide du médecin de l’émission, fallait oser. Mais au regard de ce qui m’attend, ce n’est que de la roupie de sansonnet. De la roupi-pie de chat. Du trois fois rien multiplié par zéro égale moins que rien. Non, moi, je sais qu’il ne faut pas me chercher sinon, quand je suis piqué au vif, je démarre au quart de tour. Et je suis même capable de filer dard-dard. Alors, le père Gaston, que je ne connais pas encore, mon adversaire en arts même pas martiaux, il a intérêt à bien se tenir sinon, je vais ruer dans le brancard, me rebiffer et regimber du bonnet. Au lieu d’opiner avec. Parce que moi, le 21 octobre prochain, à partir de 16 heures, ma vie va changer (ou pas) en allant rendre visite à un acupuncteur qui va (normalement) m’introduire ses piques, ses piques et ses colégrams alors que moi, je sais déjà que je ne vais pas aimer ça du tout mais quand faut y aller, faut y aller, alors j’y vais, la fleur à la baïonnette (à propos de bâiller, rappelez-moi de vous en parler un de ces jours prochains) et il n’aura pas intérêt ) à me rater sinon moi, je ne vais pas le louper. Déjà, je me demande si s’appeler Gaston, de son patronyme, ça fait vraiment sérieux pour un médecin. Tout d’un coup, ça me donne un argument pour reculer. Mais s’il avance et si je recule comment voulez-vous que ce porc me pique ?