Après la tempête d'hier, le calme, le retour à la vie tranquille et plus sereine. Je suis migraineux et parfois, j'ai des crises vraiment très fortes, limite insupportables. Hier, c'était un jour avec. Un jour sans, allez savoir. Un jour à ne pas vouloir le voir. Un jour à vouloir passer au lendemain qui chante, très vite. Un jour à oublier d'une pierre noire. Parce que, en plus, je me croyais guéri mais la bête revient, ces temps-ci, ces temps derniers.

Je n'ai pas d'explications à mes crises. Je pense que ça va, ça vient, ça ne prévient pas, ça arrive, ça vient de loin, comme chantait Barbara et ça me laisse la gueule en travers. Envie de rien, besoin de personne. Vite, une coquille, une couette, des lunettes de soleil. Vite, le bottin que je me mette aux abonnés absents. Le monde va mal, je m'en fous. Moi, je vais encore plus mal, encore. Un avion s'est écrasé dans mon crâne. Un raz-de-marée m'a inondé le cerveau et a tout détruit sur son passage. Un incendie a ravagé la forêt de mes neurones.

Et on voudrait que je m'apitoie sur ce qui m'entoure. Eh bien, non, dans ces jours-là, je suis un monstre d'égoïsme. Moi, d'abord. Mais pas moi d'abord histoire d'emmerder les autres, non, moi d'abord, histoire de me planquer du reste du monde. Une petite mort. Même pas un orgasme. La petite vérole de la tête. Quelque chose qui ne tourne plus rond. Un cloche-crâne qui va clopin, clopant. Le boiteux cervical. Le bancale de la cafetière. L'handicapé du moteur. Le mec au caisson cagneux. De quoi faire pâlir Ouvrard...

Et puis, ce matin, après un réveil peu courageux, un peu trop à l'écoute de ma tête, j'ai cru que ça n'était pas vraiment fini. Et j'ai eu peur mais au fur et à mesure que la journée est passée, tout est bien allé dans la meilleure des caboches.

En plus, la journée fut bonne, globalement. Et je me suis senti renaître à la vie comme le printemps après un hiver rigoureux. Le calme après la tempête. Je me sens fort comme un turc, ce soir. Surtout après une heure avec le coach. Intensivement. J'ai envie d'embrasser le monde. Je me sens de force à décrocher la lune, là, tout de suite, pour l'offrir à ceux que j'aime. "Au clair de la lune... mon ami…" Tout d'un coup, la vie est belle. Tout devient facile. Même moi. Regardez, il fait beau, le ciel est superbe. Il pleut, les plantes aiment ça. Je sens que même moi, je saurais fleurir, si je voulais bien m'en donner la peine...