Mardi, ce fut un jour de grande promenade à bicyclette. Avec Bruno et le patron. Nous sommes partis depuis la Chaume et nous avons fait un tour dans le marais avec des paysages d’une beauté exceptionnelle et une impression d’être dans un coin de paradis, loin du reste du monde, comme dans un rêve. Tout était beau. Que ce soient les cordes ou les bossis des marais. Que ce soient la végétation ou les quelques animaux croisés. Que ce soient les rochers au bord de l’océan ou la plage du Paracou, devant nous. Nous avons fait une promenade de 22 kilomètres et pour un peu, en revenant, nous en aurions demandé encore un peu. Mais nous avions des contingences familiales et matérielles et il nous a bien fallu rentrer. Et préparer la soirée de bienvenue pour Christophe et Christine.

Ça ne nous a pas empêchés, le patron et moi, de passer trois quarts d’heure sur la plage avant l’arrivée des Lyonnais, comme on les appelle, même s’ils seraient plutôt de St Étienne et d’Ambérieu en Bugey. Mais de les appeler les Lyonnais, ça les réunit de façon plus synthétique. Et plus rapide. Et nous avons passé une soirée très agréable, à manger (pas mal), à boire (un peu) et à rire (beaucoup), ce fut une belle apothéose après une journée aussi riche en émotions visuelles et olfactives. Et musculaires. Parce que le vélo avec le vent de face, ça n’est pas rien surtout dans les côtes et dans les faux plats. Et comme j’ai les genoux sensibles, le gauche et le droit, oui, autant vous dire qu’avant que je ne sois complètement échauffé, j’ai souffert. Mes genoux sont mon talon d’Achille. Jusqu’à ce que ce soit autre chose qui me rappelle que je n’ai plus vingt ans.

Et à l’heure où je vous écris, mercredi matin, nous entamons une journée qui sera marquée par un nouveau départ. Celui du patron qui va s’en retourner à Bordeaux pendant que nous terminerons notre séjour ici sans lui. C’est toujours un peu triste les départs mais là, nous savons que nous nous reverrons bientôt, très vite, probablement dès samedi en revenant nous-mêmes chez nous. Avec les Lyonnais. Et dimanche, je verrai Christiane, que je n’ai pas vue depuis deux ans et qui est difficile à attraper quand elle vient de Sedan jusqu’à Bordeaux. Voilà comment un séjour de deux semaines de vacances aux Sables est en train de se transformer en fin de séjour et il en ressort une espèce de tristesse mélancolique. On sait qu’on ne peut rien faire pour retenir le temps qui passe. Et au moment où je vous écris, je me sens comme à moitié grain de raisin et à moitié grain de beauté.