Pour ce blog, j’écris un billet (ou deux) chaque matin et j’en programme la publication à l’avance pour le lendemain ou pour le surlendemain. De ce fait, je suis en différé mais j’évite à mes lecteurs de subir des rediffusions d’anciens billets comme seule la télévision sait le faire parfaitement avec d’anciens programmes et des best of et des bêtisiers à qui mieux-mieux. Non, moi, ce n’est pas tout à fait du frais que je publie mais ce n’est que de la veille. Comme le pain de la vieille. Et donc, maintenant que tout le monde connaît mon secret au sujet de ce blog, je peux parler de ce qui s’est passé hier pour moi mais avant-hier pour vous. Tout le monde suit. Parce que moi, oui, comme je pense, je suis, forcément.

Et encore, je n’en parlerai qu’à demi-mots car j’estime que les grandes douleurs sont muettes. Et en particulier aux Sables où les grandes douleurs sont mouettes même si on n’a pas l’âme rieuse. J’ai l’air d’avoir le cœur léger, de tout prendre par-dessus la jambe mais c’est parce que ça s’est passé lundi et que nous sommes mardi quand j’écris et mercredi quand vous lisez. Entre temps, j’ai dormi, plus ou moins bien. J’ai eu des acidités à l’œsophage plus que de raison et plus que de coutume. J’ai ruminé. J’ai tenté de penser à autre chose en continuant d’aller à la chasse aux coquillages (hier, 31 et avec les 11 de dimanche, ça en fait déjà 42 à mon compteur) mais au fond de moi, il y a une petite douleur.

Comme celle et ceux qui sont au courant savent de quoi je parle, je ne vais pas revenir sur le sujet éternellement mais je voudrais juste demander pardon avec un gros bouquet d’hibiscus rose à la championne, promettre que je ne me mettrai plus en colère subitement mais que je réfléchirai avant de parler, au moins dix secondes, et que je tournerai sept cents fois ma langue dans ma bouche (ou dans celle de quelqu’un d’autre s’il y a quelqu’un de volontaire) pour ne pas dire des choses qu’on peut regretter ensuite. Et je voudrais dire que cette nuit (de lundi à mardi), j’ai ruminé toute mes mauvaises pensées négatives ensemble, je les ai malaxées et j’en ai fait une grosse boulette mentale que j’ai expectorée d’un énorme juron au réveil. Ça va mieux en le disant.