Vous savez, y a des choses qui ne s'expliquent pas. Mon amour immodéré pour Nathalie Baye, par exemple. D'autant plus que ça n'a pas toujours été le cas puisque, quand elle était plus jeune, je la trouvais sympathique mais fadasse. Je me souviens d'elle dans "Une semaine de vacances" ou même dans "J'ai épousé une ombre". On ne peut pas dire qu'elle avait de quoi rendre fou. Une espèce de petit bout de femme un peu fille idéale ou bru idéale, dans le genre bonne famille, proprette sur elle et tout et tout.  

Bien sûr, c'était sans compter qu'elle avait des velléités de rébellion, la petite Nathalie. Faut voir les mecs de sa vie (dans ceux qu'on connaît) : Philippe Léotard et Johnny Hallyday. Le premier étant un vrai marginal, le second, un pur produit de récupération médiatique. Et sans doute encore d’autres révoltes pas toujours visibles et c’est ce savant mélange de femme insoumise et de danseuse formée à la dure qui en fait une personne élégante et libre.  

Et puis, il y a eu ce film de Nicole Garcia : "Un week-end sur deux" où Nathalie Baye fut filmée comme rarement une actrice fut filmée, avec des gros plans merveilleux qui l'ont sublimée. Bon d'accord, Nathalie Baye a un corps de rêve et elle fait partie de ces nombreuses femmes qui sont mille fois plus belles à quarante ans et plus qu'à vingt. (Quand je pense qu'on nous fait tout un fromage de la jeunesse !...) 

Et de films en aiguille, j'ai commencé à m'intéresser au cas Baye : tous ses rôles n'ont pas été géniaux mais elle s'en est toujours bien sortie, globalement et sa beauté n'a rien perdu de son éclat avec le temps qui a continué de passer. Au contraire, les petites rides qui se sont formées aux creux de ses yeux, sur son front, dans ses pommettes n'ont fait qu'accentuer la vie en elle. Quand elle sourit, tout s'illumine parce qu'elle est solaire. Bon d’accord, là, elle a pris un petit coup de vieux mais elle reste une belle personne. 

Au cas où vous ne l'auriez pas compris, Nathalie Baye est sans doute mon actrice préférée (avec Sandrine Bonnaire et Kristin Scott-Thomas), sans admiration outrancière, promis, juré, craché.  Et j'espère qu'elle continuera de rester belle aussi longtemps que la vie voudra bien s'en charger. Et vous avez remarqué, quand je suis amoureux, je ne dis pas de conneries. Dommage, hein ? Je suis sûr que ça vous manque. Bon, puisque vous insistez, en voici une : quand elle joue dans le Cid, on peut dire d'elle, qu'elle Baye au Corneille. Voilà, ça y est, ça va mieux, j'suis content de moi.