À l’heure du plein-informatique où l’on parle de plus en plus du zéro papier, j’ai justement envie de parler des sans-papiers. Quel curieux hasard ! Quelle étrange coïncidence ! Quel bizarre isochronisme ! J’en ai encore dans ma besace, des synonymes de bizarre et de hasard mais j’ai peur que vous ne vous lassiez d’une telle profusion de vocabulaire inhabituel. Alors je me restreins mais je m’en fous car moi, je les connais, tous ces mots qu’on utilise moins. Passons.

Oui, je voulais parler des sans-papiers et dire, tant pis si je brise mon vœu de non politique dans ce nouveau blog, et dire que je suis à fond avec les sans-papiers, de tout cœur avec eux et solidaire à cent pour cent.  Parce que, en dehors de tout contexte socio-économique, il faut bien reconnaître que dans l’absolu, cet état est intolérable et il n’est pas pensable qu’au vingt-et-unième siècle, il existe encore des gens hors-la-loi uniquement parce qu’ils n’ont pas les papiers nécessaires pour ne plus l’être. Alors que nous sommes tous citoyens du monde, non ?

Je sais, c’est un peu démago mais j’assume. Les vraies valeurs humanistes passent toujours pour démagogiques même si elles sont sincères, je n’y peux rien. D’ailleurs, j’en veux pour preuve que nul ne peut me taxer de clientéliste. Bien au contraire. Et vous savez pourquoi ? Parce que j’ai moi-même été plusieurs fois sans papier, dans ma vie. Et je vous jure que je sais ce que c’est et que c’est même terrifiant, comme situation. De quoi cauchemarder. De quoi attraper des sueurs froides et ne plus jamais trouver le repos.

Je me souviens très bien, chaque fois que cela m’est arrivé, une seule personne a toujours su voler à mon secours. Toujours la même et je profite de ce billet pour lui rendre l’hommage qui lui est dû. C’est ma mère.

Oui. Combien de fois ne m’a-t-elle pas tiré d’une situation scabreuse quand je me trouvais, encore enfant, assis sur le trône des toilettes après la grosse commission et qu’il n’y avait plus de papier WC. À chaque fois que je lui ai crié « Maman, y a plus de papier ! » elle est toujours venue à mon secours et je lui en serai éternellement reconnaissant. Parce que moi, je sais ce que c’est que d’être sans papier.