Les jours se suivent et se ressemblent… chantaient Joe Dassin… Enfin, pas tout à fait, puisque lui, il parlait des matins qui se suivent et se ressemblent. Pour moi, ce sont les jours entiers qui se suivent et se ressemblent. Mais il n’y a pas de quoi en faire un fromage. Il n’y a pas non plus de quoi fouetter une crème. Et tout ça ne risque pas de mettre du beurre dans les épinards. Alors, on va donc éviter de poursuivre cette litanie de produits laitiers et revenir (dans un peu de beurre) au vif du sujet sinon, vous allez tous rester comme deux ronds de flan.

Hier, ce fut donc un dimanche de tout et de rien. Aujourd’hui, c’est un lundi de rien du tout. Un lundi de choses ordinaires, d’occupations ménagères et d’activités routinières. Surtout en ce qui concerne la matinée parce que cet après-midi, j’ai quand même vécu et fait des choses un peu plus insolites. D’abord, j’ai lu un mot que je ne connaissais pas, dans un courrier que le président a reçu : « irrépétibles.»  Et moi, quand on me sort un mot inconnu, j’ai les oreilles qui se dressent, les yeux qui sortent de leurs orbites et les papilles de mes neurones qui salivent d’impatience. Alors, j’ai cherché ce que ça voulait dire. Peut-être quelque chose en rapport avec une répétition. Quelque chose qui peut être répété.

Que nenni ! Irrépétibles est un adjectif mis au pluriel par l’article 700 du Code de Procédure Civile qui qualifie les frais versés à son avocat par la partie qui a gagné son procès, et qui ne sont pas inclus dans les dépens. À la demande de la partie gagnante, ces frais irrépétibles peuvent faire l’objet d’une appréciation du tribunal et s’ajouter aux condamnations principales et aux dépens mis à la charge de la partie perdante. Et ça vient du latin « petare » (réclamer). En gros, ça signifie que ça ne peut pas être réclamé en retour, que ce n’est pas remboursable. C’est clair, non ?

Une fois ceci expliqué et digéré, je me suis mis en sieste devant les deux premiers épisodes de la première saison de Friends. Comme une madeleine pour bien m’endormir sur le canapé. Il y avait très longtemps que je n’avais pas revu cette série américaine, la première que j’aie jamais aimée. Et ensuite, après avoir préparé un lapin estival, dans mon four Vitalité 5000, j’ai terminé le coller les photos dans l’album de la Toscane. Ça, c’est fait, j’ai pu alors passer à autre chose. C’est-à-dire, rien. Mais quand on ne fait rien, c’est un peu comme si on faisait tout mais pas vraiment.

Alors, pour me reposer d’un tel week-end un peu désolant, je pense que ce soir, je vais me vautrer sur le canapé devant la télévision. Comme ça, dès demain, je pourrai partir travailler le cœur léger, la fleur au fusil et le sourire en bandoulière. Et j’ai deux objectifs sympas, cette semaine : l’anniversaire de Martin, vendredi. Je vais lui écrire un compliment. Et le submerger de gentillesses, pour une fois. Et samedi, ce sera le départ pour un vrai week-end à Biscarrosse. D’ici là, je survivrai. D’un peu de tout et de beaucoup de rien.