Il fait trop beau pour travailler, vous les garçons, restez-là si vous voulez mais l’air est léger, le ciel est bleu, c’est le temps rêvé pour les amoureux. Il fait trop beau pour travailler, nous, on s’en va, on vous laisse les clés mais si vous voulez nous suivre, vive la liberté-é-é, il fait trop beau pour travailler… 

Tu parles, Charles, ces parisiennes, elles ne savent pas vraiment de quoi elles parlent, parce que, s’il faut prendre sa voiture pour aller dans les champs et se vautrer dans les blés, bonjour la notion de liberté. En plus, à l’époque, les voitures, elles étaient rarement climatisées alors, dans les embouteillages… Et puis se vautrer dans les blés pour oublier qu’il fait trop beau, ça gratte, les blés et sur la peau transpirante, ça colle. Perso, je n’aime pas vraiment ça. Alors, moi, les Parisiennes, je les aime bien mais je ne vais pas les suivre. En plus, si les garçons ne les suivent pas, ça va être une après-midi filles, ça risque très rapidement de m’énerver et quand il fait trop chaud, je suis plus vite irascible. Alors, il ne faut pas me chauffer plus que je ne le suis déjà.

Même s’il pleut, l’été s’ra chaud, dans les tee-shirts, dans les maillots, d’la Côte d’Azur à Saint-Malo, oooooooooooh ! L’été s’ra chaud ! Où vais-je aller ? Qui vais-je aimer, é-é-é-é, dans quel été, je vais plonger, é-é-é-é, où vais-je aller la rencontrer, é-é-é-é, j’peux pas lutter, j’sais pas danser, é-é-é-é… L’été s’ra chaud, l’été s’ra chaud…

Ouais, eh bien, avec Éric, c’est un peu comme avec les quatre parisiennes ci-dessus. Il raconte un peu n’importe quoi. Je ne vais pas vraiment l’attaquer, on ne tire pas sur une ambulance et encore moins sur un corbillard parce qu’il est mort pour de vrai, sans doute un coup de chaud, un coup au cœur alors qu’il essayait de se trémousser sur une piste de danse. Normalement, on le sait, en cas de canicule, on ne fait pas d’efforts inutiles, donc, on oublie les boîtes de nuit même la nuit. Et en plus, t’imagines les tee-shirts et les maillots, mouillés de sueur âcre et après, tu te prends un courant d’air par-dessus et bonjour la crève. Mortel. Pardon, Éric, en plus, je t’aimais plutôt bien mais des fois, tu écrivais vraiment n’importe quoi pourvu qu’on te passe à la radio.

Je trouve qu’il fait chaud (chaud, il fait chaud) mais on est si bien (mais, on est si bien), je trouve qu’il fait chaud (chaud, il fait chaud) viens et prends ma main (viens et prends ma main), ensemble, on a la même insouciance, plus rien ne compte, nous avons la chance de nous aimer, é-é-é, oh la la la, qu’il fait chaud…

Là, je vais nettement moins critiquer car c’est Tatie Annie, Grand Tatie Annie et franchement, même si c’est un peu simpliste, là, je trouve que pour l’instant, c’est la seule qui est dans le vrai, qui est dans le raisonnable et qui est dans le sympathique. En plus, je trouve son programme plus facile à faire sans transpirer qu’avec les deux précédents. Et prendre la main de quelqu’un même quand il fait chaud, ça n’engage à rien de plus. Au pire, si on a les moins moites, ça passe juste pour un coup de chaud. Sinon, ça va, c’est sautillant, c’est léger, c’est yé-yé de bon goût, ce qui n’a pas toujours été le cas, en toute objectivité. Il ne manque plus qu’un petit coup de rosé et ensuite, ça part comme ça veut. Avec un peu chance, tu peux même conclure dans la foulée. Juste une chose, Annie, à l’écrit, les chœurs qui répètent ce que tu chantes, ça rend moyen.

Je trouve qu’il fait chaud (chaud, il fait chaud), mais sous le soleil (sous le soleil), tout semble nouveau (semble nouveau) et la vie est belle (belle, la vie est belle). Partons tous les deux loin de la ville, cherchons quelque part un coin tranquille pour y rêver, é-é-é, oh la la la qu’il fait chaud (chaud, chaud, oui, il fait chaud… je trouve qu’il fait chaud (chaud, oui il fait chaud) oh la la la qu’il fait chaud (chaud, chaud, oui, il fait chaud)…