Ah, la chaudasse ! Ah, l’allumeuse de transpiration ! Ah, la petite chienne ! Décidément… on ne peut pas faire autrement que subir ses assauts à cette chienne en chaleur. Même si on ne le voulait pas, ce qui est mon cas, bien sûr, je suis obligé de suinter. Obligé de mouiller, quoi. Mouiller ma chemise, mouiller mon maillot et mouiller mon slip. Et franchement, ce n’est pas ce que je préfère. Quand je la vois, comme en ce moment, je regrette de ne pas m’être fait moine dans un pays nordique. Chez les Inuits, par exemple. Et là, je méditerais et j’officierais dans mon igloo, sans être obligé de mettre mes bouteilles dans le réfrigérateur. Enfin si, mais pour qu’elles réchauffent un peu. Le monde à l’envers, quoi. Mais là, non, je suis comme le loup dans les dessins animés de Tex Avery, j’ai les yeux qui sortent de mes orbites et j’ai l’orbite prête à décoller. En partance pour une lune ? Non, s’il vous plaît, je n’ai pas envie de contact, de corps à corps, aujourd’hui. Je suis moite. Je suinte déjà assez tout seul comme ça. Je n’ai besoin de personne. Pas dans ces moments-là.

Ah, la coquine ! Ah, la pétasse ! Ah, la scélérate ! En plus, avec son nom qui finit en cule, on a du mal à ne pas penser qu’elle ne pense qu’à ça, justement. Et justement, tiens, en ce qui me concerne, je n’en ai pas envie. J’ai plutôt du désir pour refroidir ses ardeurs. Moi, je n’ai pas d’autre ardeur que celle d’aspirer à un moment de calme et de glace à la fraise. Lécher une boule rose sans me prendre la tête. Pas de buisson ardent en ce qui me concerne, surtout pas. Je ne suis pas ni pyromane, ni nymphomane, non. Je suis un mec ordinaire qui voudrait s’affranchir de cette coureuse. Un mec ordinaire dans un pays tempéré et démocratique. Pas d’extrême. Surtout pas. Juste du bien-être. Et pouvoir se rafraîchir les idées, ne pas avoir de surchauffe dans les neurones, m’assurer que toutes mes connexions se font bien et dans le bon sens, en plus. Le bon sens près de chez vous ! Non, laissez-moi tranquille, madame, ou mademoiselle, ne m’approchez pas, ne m’approchez plus. Je ne suis pas celui que vous croyez.

Ah, la salope ! Ah, la fâcheuse ! Ah, la catin ! En plus, comme toutes les salopes, elle est presque plus dans les promesses que dans les actes. On dit bien que ce sont celles et ceux qui en parlent le plus qui en font le moins. Des promesses… Tu parles, elle a surtout Prométhée au cul. Mais elle peut toujours courir, je ferai front contre elle et je ne me laisserai pas faire. J’irai là où c’est climatisé. Là où il fait meilleur vivre et encore meilleur respirer. Je préfère une brise à une bise de sa part. Et si j’ai faim, je ne prendrai pas non plus de hot-dog, ni mâle, ni femelle, ni pute, ni soumis. Non, merci, pas de chien chaud pour moi et encore moins de chienne chaude. Et au lieu de parler de sujets sociétaux secondaires, je rêve que notre gouvernement socialiste fasse quelque chose, montre qu’il en a dans le pantalon et solutionne le problème. La canicule ? Je suis contre, évidemment. Amis, donnez ! Amis, levez-vous et faisons front contre la canicule. Empêchons-la de venir égorger nos fils et nos compagnes. Aux armes, citoyens. Sinon, moi, je baisse les armes et je rends l’âme.