Je l’avoue, j’ai remis ça. Je suis un récidiviste. Et j’aime ça. Et je l’assume. Et j’ai encore pris mon pied et d’avoir été le roi ex-aequo de la fête avec celui dont c’était l’anniversaire, j’avoue que ça m’a fait jubiler. Intérieurement. Parce que dehors, je jouais les modestes pour qui ce n’était rien. « Non, je m’y suis mis hier et ça ne m’a pas pris beaucoup de temps. J’avais déjà tout dans la tête. Après, c’est juste une question d’inspiration et d’amitié ressentie pour la personne que l’on souhaite honorer. » Non, je vous en prie, ne me remerciez pas. Pas plus que ça. Juste le minimum, quoi. Enfin, si vous voulez insister un peu, ne vous privez pas, ce n’est pas bon pour la santé de refouler ses sentiments. Et ne me flattez pas plus que de raison, non, à peine un peu, ça me suffira. Je préfère que vous le fassiez en deux fois pour que j’apprécie encore mieux vos compliments. Comme ça, ça dure plus longtemps. Et non, surtout, n’oubliez pas que c’est avant tout l’anniversaire de Frank. Moi, je ne compte pas. Enfin, si. Mais pensez un peu à lui. 

Frank, on va dire que c’est mon collègue préféré avec Audren, avec Martin et avec Kévin. Et un peu Frédéric et un peu Patrick. Et Kiki. Et bon, Frank, il est sur le podium avec les autres et quand j’ai su que c’était son anniversaire, j’ai fini par succomber à l’appel des applaudissements, des rires et des bravi. Je me suis dit qu’il n’y avait pas de raison qu’il n’y en ait que pour lui. Ça faisait déjà un mois et demi que je n’avais pas eu ma dose de vivats. Je commençais à être en manque de reconnaissance et d’admiration. Donc, j’ai choisi de le fêter, de l’honorer, en mettant le paquet, en me lâchant parce que avec Frank, je sais qu’on est capables d’aller loin, on n’a pas vraiment de limites et tant pis pour les grincheux, les coincés des zygomatiques et les cul-serrés, mais moi, j’avais envie de m’amuser et j’avais envie que Frank s’amuse. Alors, je me suis mis dans la peau d’un juge un peu procureur et je lui ai fait prendre gros. À coups de chefs d’accusation et de choses d’un mauvais goût mais qui nous ont bien fait rire. Et pas que tous les deux.

Et cette fois, j’avais mis deux collègues à contribution, deux qui étaient déjà passés dans la moulinette du compliment honorifique et même Frank, je l’ai fait participer à son corps défendant avec une série de répliques écrites d’avance qu’il n’avait qu’à lire au moment où on les lui faisait passer. De clins d’œil en humour provocateurs, nous avons passé un bon quart d’heure de pur bonheur en ce qui me concerne et j’ai encore dans la tête les rires de mes collègues, sans doute un peu surpris parfois, de mon audace mais leur visage épanoui était le meilleur baromètre de leur satisfaction. Frank, au nom de l’ordre du Barreau, je me devais de te rendre justice et de t’honorer, pour une fois et te dire que tu es un de mes collègues préférés et même un peu plus que ça. Tu es sur la voie de l’amitié, pour moi. Et ça, ça n’est pas rien et ça vaut tous les jeux de mots du monde. Je te tends quand même la main même si des mauvaises langues disent que ça pourrait être un peu salissant pour moi.