C’est marrant, mais il y a des expressions que l’on dit régulièrement, pour ne pas dire souvent, mais l’on n’y prend pas plus garde que ça et surtout, on les dit comme on dirait un simple juron, il y a toujours un moment où ça tombe dans le patrimoine et ça passe inaperçu, ça devient du quotidien. Du banal. Je ne porte aucun jugement de valeur sur la chose en question mais je reconnais que c’est peut-être dommage. Et parfois choquant. En particulier quand ce sont les jeunes, trop jeunes, pour les reprendre à leur compte. Je parle évidemment des « j’en ai plein le cul », « ça me casse les couilles » et « ça va chier des bulles » pour ne parler que de ces trois-là. J’en ai sans doute passé et pas des moindres mais mon but n’était pas de faire un catalogue des expressions imagées.  

Aujourd’hui, j’ai eu la preuve que l’on peut en avoir plein le cul surtout quand on est sourd comme un pot. Et ça peut même arriver aux plus belles plantes. Remarquez, dans l’occurrence en question, on aurait tout aussi bien pu dire : « j’en ai plein le pot » tout en étant sourd comme un cul. Oui, parce que peut-être bien qu’un cul, c’est sourd, on n’en sait rien. Tout ce qu’on sait, c’est que ce n’est pas muet comme une carpe. Mais sourd. Imaginez seulement de demander à un cul ce qu’il en pense, il ne vous répondra pas. Et je vous jette mon ticket que ce n’est pas parce qu’il n’a pas le vocabulaire adéquat pour répondre mais bel et bien parce qu’il n’aura pas entendu la question. 

À moins qu’il ne répondre par cette onomatopée très difficile à écrire et qui reproduit le son qu’on fait avec sa bouche quand on ne sait répondre à une question. Une espèce de « pout » comme un pet buccal. Enfin bon, je dérive, là. Je vous disais que j’avais eu la preuve qu’on peut en avoir plein le pot et être sourd comme un cul. J’ai même la photo qui va bien comme preuve irréfutable que ce que je dis est vrai et ça sera archivé comme pièce à conviction. Oui, parce que j’ai la conviction qu’on peut écrire un billet dans ce blog à partir de trois fois rien. Et surtout quand on est un peu à plat. Après une promenade un peu longue mais passionnante en faisant presque toutes les statues monumentales de Jaume Plensa aux hasards de la ville.

Plein le cul