C’est moi qui ai suggéré au Président de profiter de ce beau temps avant que nous ne nous en lassions pour aller du côté de la rive droite pour voir si nous y étions. C’est vrai ça, dès qu’on a la chance d’aller faire une promenade en famille tous les deux, c’est quasiment toujours sur les quais, les sempiternels quais et moi, un jour comme hier, avec le grand soleil (vivement les nuages parce que depuis plus de quatre mois qu’il brille sans cesse, on aimerait un peu plus de fraîcheur), la foule, les poussettes 4x4, les vélos, les tricycles, les trottinettes, les chiens en laisse (et plus ils sont petits, plus ils ont des laisses télescopiques), les fauteuils roulants, les gens qui sont plusieurs et qui marchent en ligne sur la largeur et qu’il est impossible de dépasser, les mômes en liberté, les joggers, j’en passe et tant pis, il y a toujours un moment où ce qui devrait n’être qu’un plaisir peut rapidement devenir agaçant. 

Alors, oubliée aussi la caserne Niel même si c’est un endroit que j’aime bien pour son ambiance, ce que je peux imaginer de l’époque où elle devait être en pleine « splendeur » (ça se dit pour une caserne militaire ? – peut-être pas, il ne faut pas exagérer non plus, je suis d’accord) et j’ai proposé que nous allions vers le parc Palmer, à Cenon ou Lormont, je ne sais jamais, en tout cas, c’est au niveau de la fourche de la ligne de tram, à la Buttinière. Mais pourquoi ne pas plutôt faire la promenade pour laquelle j’ai un plan, m’a-t-il suggéré de son propre chef. Et comme pour tout chef qui se respecte, j’ai acquiescé. J’ai opiné du bonnet. Car malgré la chaleur écrasante, oui, j’ai un bonnet. Et une cafetière allumée en permanence. Et nous voilà partis en tram et arrivés à la Buttinière, à nous deux la grande aventure. 

D’abord, il a fallu redescendre une partie de la côte que nous avions grimpée en tram. Histoire de nous mettre de l’autre côté de la voie ferrée en bas. Et nous sommes remontés tranquillement dans un quartier jusqu’alors inconnu de nous. Nous avons traversé le parc du château de Lormont avec sa ferme et ses animaux domestiques dont une chèvre et ses deux tout petits cabris. Et deux ânes. Je regrette que le président n’ait pas fait la photo de Steph ânes mais bon on ne peut pas être bon tout le temps. Nous sommes de nouveau descendus, jusqu’à la Garonne, cette fois et nous sommes enfin remontés jusqu’au tram pour redescendre vers le palais présidentiel. Le tout en trois heures chrono et beaucoup de transpiration, quelques photos et c’est drôle comme une promenade a priori banale peut devenir exotique. C’était bien mais nous allons avoir du mal à y entraîner nos amis. À moins qu’on leur fasse croire que c’est extraordinaire et qu’on ait envie de les faire marcher.