Bon, les 80 ans de Guy, c’est fait. Les 41 ans de Patou, c’est fait. Qu’est-ce qu’il me restait à faire avant de partir en vacances ? Ah oui, aller travailler demain, ce n’est que demain midi que je serai réellement en vacances. Et ce n’est que lundi matin, à 10h30, que nous décollerons de Bordeaux pour Rome et là, nous prendrons la voiture de location pour aller à Lucca et ensuite, ce sera la bella vita, la pasta et ô sole mio. Si on y croit, avec un peu de chance, ça le fera. C’est la méthode Coué. Qui a bu, boira ; que sera, sera et tutti chianti. È ancora la stagione degli asparagi ? Grazie mille. 

D’ici là, je dois récapituler ce que je dois faire : ma valise ! Elle est neuve et donc, je me demande si je vais réellement la remplir car je ne voudrais pas l’abîmer avant même qu’elle prenne son baptême de l’air. Ensuite, je dois écrire à l’organisme financier des Galeries Lafayette car on m’a fait une carte de crédit, il y a trois mois et j’ai appris qu’elle me coûterait 15 euros par an et ça, il n’en est pas question. D’autant moins qu’il existe une carte gratuite qui permet de bénéficier des mêmes réductions quand il y en a. C’est-à-dire presque tout le temps sauf dans ma taille. 

Je dois aussi penser à faire une lessive avant de partir. Mais je vais probablement attendre demain car demain, j’aurai mes affaires de travail de la semaine. Je dois aussi finir mes comptes. Me reposer car j’ai encore attrapé la crève. Je dois aussi quelqu’un que je pourrais honorer lors d’un prochain anniversaire et je dois ranger les papiers sur mon bureau. Je dois réfléchir à plein de choses qui demandent un minimum de réflexion, ça fait toujours bien de dire un truc comme ça. Je dois choisir quels seront les livres que je vais emporter en Italie. Et je dois aller me raser et prendre ma douche mais j’attends que la femme de ménage soit partie. 

Je dois vérifier que je n’oublierai rien lundi matin. L’idéal serait que nous partions à 8h30 d’ici et que nous soyons à 9h à l’aéroport, 9h15 à tout casser comme ça, nous n’aurons pas trop de temps à attendre là-bas mais ça nous permettra de ne pas nous affoler non plus. Il faudra que nous enregistrions nos bagages, que nous prenions un dernier café avant la Toscane. Et surtout, qu’on ne découvre pas subitement que putain, j’ai oublié ceci ou j’ai oublié cela. Ça en fait des choses auxquelles il faut penser et ne pas se mélanger les pinceaux. Peindre ou faire l’amour, ça, c’était un bon film. 

Tout le monde qui est concerné a reçu la liste des hôtels, avec les dates : Claude, Carlos et Monica et mes parents, bien entendu. Comme ça, en cas de besoin, on sait où nous trouver. Et pour les plus fétichistes, ils pourront nous suivre pas à pas, jour après jour, dans chaque ville, chaque hôtel mais pas dans chaque chambre. Il ne faut pas exagérer non plus. Il faudra aussi que je pense à ma Carte de Sécurité Sociale Européenne, une carte de sécurité, c’est toujours utile quand on passe les portiques des aéroports. Voilà. Je vais laisser la liste ici, en évidence et comme ça, je pourrai revenir dessus jusqu’à lundi très tôt.