Je suis victime de mon succès et c’est la rançon de ma gloire. Dois-je le déclarer au nom du Fisc et du St Esprit. Non, parce que ce ne sont pas des signes matériels de richesse, c’est juste de la poussière d’apogée, des miettes de triomphe et des brindilles de lauriers. Comme je suis naturellement quelqu’un de très modeste, ça ne me coûte évidemment rien de parler de moi de cette façon. Alors que quelqu’un de prétentieux, d’orgueilleux ou de présomptueux n’en pourrait plus au niveau de ses chevilles. Moi, ça monte jusqu’au mollet. Et parfois jusqu’aux œufs. C’est dire.  

En gros, pour que vous compreniez, avant, jadis et naguère, j’avais l’usage d’écrire un compliment pour des amis ou des collègues pour des occasions particulières et même, j’ai poussé la vis jusqu’à écrire des sketches que je jouais seul ou à plusieurs, déguisé(s) et j’avoue que si je m’en étais absenté pendant quelques années, j’y suis retournée récemment, le 19 janvier, pour ne rien vous cacher et depuis ,ça me démange là où ça me picote. Du coup, je remets ça régulièrement. Pour des collègues de bureau, pour l’instant.  

Le 1er mars, ce fut ne panégyrique de mon collègue mais néanmoins binôme Audren, un garçon que j’aime vraiment beaucoup et que je respecte, donc, je n’avais dit que des choses élogieuses sur lui. Je pourrais dire que je le considère un peu comme un petit frère de boulot, un fils d’entreprise. Et je ne me voyais pas le mettre mal à l’aise tant il est gentil et bon travailleur et tant c’est bon de travailler avec lui. Le 3 avril, ce fut au tour de Fred et Éric, deux gars en un et là, j’étais un peu plus caustique mais toujours dans l’humour. J’ose espérer que je suis drôle. Moi, je trouve que oui. 

Depuis, certains me demandent régulièrement qui de lui faire un discours pour le jour de son départ, en juillet alors qu’il quittera définitivement l’entreprise de son plein chef. Qui m’a déjà donné la date de son anniversaire pour que j’y pense et encore ce matin, c’est Patou qui est venu me dire, à mots couverts que vendredi, si je ne débauche pas trop tard, je suis invité à quelque chose en l’honneur de quelqu’un, dans la salle de restauration. C’est ton anniversaire ? Lui ai-je demandé. Oui, m’a-t-il fait signe de la tête. 

Comme je l’aime bien, Patou, ni une, ni deux, dans le tram du retour, j’ai écrit plus qu’un compliment, j’ai écrit un sketch que je vais apprendre par cœur. Je mettrai ma perruque brune avec deux autres accessoires, je serai Lady Chantilly qui parlera de sa copine Patoche, alias Loulou Guinness et comme c’est complètement à l’opposé de son physique, je vais tenter de lui faire jouer le jeu, de façon improvisée et normalement, ça devrait être drôle. Je lui ai acheté une perruque blonde (il est chauve dans la vraie vie) et je vais le faire danser. Devant nos collègues. Vous trouvez que j’abuse ? Moi pas.