Contre toute attente, il va bien me falloir un an pour pouvoir découvrir, goûter et sans doute apprécier les fameuses broutes que je n’ai pas eues cette année. En même temps, c’était la première fois qu’on m’en parlait, alors, on peut considérer que je n’ai rien perdu, jusqu’ici. Mais si je cache mon impatience derrière un masque d’impassibilité, il n’en est pas moins vrai qu’au fond de moi, je trépigne, je tape de mes petits poings et je me retiens de respirer : je veux manger des broutes. 

Et quand j’en ai parlé à qui de droit (il se reconnaîtra), il m’a dit que peut-être ça s’écrivait avec deux « t », brouttes et c’est probablement pour cette raison que je n’avais rien trouvé comme information sur Internet. Alors, j’ai regardé, tout à l’heure, après mes courses à Auchan et après m’être un peu posé après ces longues journées de dur labeur et je n’ai rien trouvé au sujet de brouttes. Comme il était environ 17 heures, j’ai pris le thé et là, miracle, j’ai fini par trouver des informations sur les broutes. 

Voici ce qu’on dit à leur sujet : Que savons-nous des broutes ? Dans le Sud-Ouest, les broutes sont les repousses de chou, croissant sur le pied après qu’on ait cueilli la pomme. Et quand on sait ça, on se sent déjà nettement moins béotien. Après, on peut se demander comment ça se cuisine : en soupe, en tarte, en salade ou en légumes braisés pour accompagner une viande ou un poisson. Il ne reste plus qu’à attendre le bon moment, rester à l’affût et sauter sur les pieds de choux pour en retirer les substantifiques broutes. Et se régaler. En principe. 

En attendant, comme c’était l’heure de prendre le thé, j’ai fait un petit goûter reconstituant. Parce que j’avais un peu faim et parce que c’était lui, le quatre heures et parce que c’était moi. Je me suis donc fait quatre tartines que j’ai légèrement beurrées parce que, un peu de gras, contrairement à ce qu’on dit, c’est bon pour la santé. Et j’y ai mis de la confiture aux fruits rouges. Parce qu’un petit peu de sucre, ça dope son bonhomme et ça l’empêche de dormir avant le dîner. Et je me suis régalé. Et c’était toujours ça de pris. 

Je pourrais faire mon propre beurre pour mieux gérer le bon gras mais il me faudrait transformer ma baratte à frites en baratte à beurre mais ça demande un peu d’investissement. Pour la confiture, j’ai déjà ma mère et ma cousine qui en font des très bonnes. Et Claude, aussi. Mais voilà. J’ai encore digressé et je voulais parler des broutes du Poitou. Mais je crois que ça fera l’objet d’un prochain billet. Chez nous, on appelle ça le montis de chou. Ou le chou monté. Mais je vais profiter de ce report pour vérifier encore deux ou trois choses et je reviendrai vers vous.