Avec ces histoires d’arnaques alimentaires (et nous ne sommes pas au bout de nos surprises, loin s’en faut – on aurait trouvé de l’huile et du sucre dans du lait, aux États-Unis, alors, pourquoi pas chez nous, en France ?), avec ces histoires d’arnaques alimentaires, donc, il va falloir s’attendre à modifier non seulement nos comportements de consommateurs, même celui de la ménagère de moins de cinquante ans, mais aussi, modifier notre façon de parler et ainsi, les choses seront claires pour tout le monde. 

Déjà, il va falloir arrêter avec ces proverbes, dictons et autres expressions à base de bœuf car personne ne peut nous garantir que c’est du 100% pur bœuf (déjà qu’on nous faisait manger de la génisse et non pas du bœuf…) et qui vole un œuf, volera désormais un cheval. Les bœufs-carottes deviendront rapidement les chevaux-carottes. Et même quand il soufflera fort, le vent ne décornera plus les bœufs mais les chevaux, voilà les absurdités avec lesquelles nous allons devoir vivre. 

Même les grenouilles vont devenir aussi feignantes qu’une grande partie de la jeune génération qui nous entoure vu qu’avant, quand elles avaient de l’ambition, elles voulaient se faire aussi grosses que le bœuf mais aujourd’hui, il y a nettement moins de travail à vouloir se faire aussi grosse que le cheval. Et on ne parlera plus de faire un bœuf entre amis musiciens mais de faire un étalon entre hardeurs. Les temps changent. La roue tourne. 

Il en va de même pour les femelles, puisqu’elles demandent la parité, les femmes, y a pas de raison que ça ne se passe pas aussi de ce côté-là. Et bientôt, on ne parlera plus comme une vache espagnole mais comme une jument de même nationalité. On ne pourra plus dire qu’il pleut comme vache qui pisse mais comme jument qui fait pareil. Et ainsi de suite. Franchement, vous savez, c’est peut-être ridicule a priori mais pourquoi, ce n’est qu’une question d’habitude et c’est comme pour l’euro, on n’a qu’à se souvenir de la conversion. 

Tiens, si on faisait une autopsie sur Franck Lebœuf, qui sait si nous n’y trouverions pas aussi du cheval. À la limite, ce mec, champion du monde en 98, était peut-être un étalon sans que personne ne le sache sauf sa femme et ses éventuelles maîtresses. On vit vraiment une drôle d’époque, ma bonne dame. Et puis ce qu’il porte, ce Franck, ça lui va comme un tablier à une jument. Enfin, moi, ce que j’en dis, c’est vrai, quoi, je dis ça, je dis rien.