Nous sommes le dimanche avant le changement d’heure et c’est un jour important, c’est le dernier dimanche 24 mars de 2013, il n’y en aura plus d’autre. Alors, aujourd’hui, j’ai choisi de marquer le coup et nous allons donner dans le 100% pur jus culturel car je pense que je vais en profiter pour honorer un de nos compositeurs parmi les plus mal connus. Il serait né à Dijon en 1683 et serait mort à Paris en 1764. Ce qui ne nous rajeunit pas.  

Étrangement, les chanteurs yé-yé, pour ne parler que d’eux, eux, ont quasiment tous un premier succès qui parfois, peut même leur servir de boulet, c’est vrai, certains avaient 16 ou 17 ans et ce qu’on peut chanter à cet âge-là peut être ressenti comme un peu bébête quand on prend de la bouteille. J’en veux pour preuve « tous les garçons et les filles » que Françoise Hardy n’assume plus vraiment, pour ne citer qu’elle.  

Non, le compositeur et théoricien de la musique que j’ai choisi d’honorer dans ces colonnes ce soir, lui, son premier succès, il ne l’a jamais renié. Il s’intitulait Hippolyte et Aricie et franchement, je ne sais pas jusqu’à quel point ce fut son premier succès mais a contrario des chanteurs de variétés, celui-ci semble être tombé un peu dans les oubliettes. C’est certainement dommage et très injuste car hormis les initiés, qui se souvient d’Hippolyte et Aricie ?  

Grand compositeur de motets (un genre qui n’est plus très à la mode mais ça ne veut pas dire qu’il faut le mépriser, loin de là) et de cantates, il créa nombre de pièces lyriques dont les titres étaient tous des couples célèbres : Acanthe et Céphise (1751), Daphnis et Églé (1753), Lysis et Délie (jamais représentée, partition perdue mais probablement datée de 1753), Nélée et Myrthis (non représentée également), etc…

Je voulais vous reproduire la partition intégrale de Acanthe et Céphise, afin que vous puissiez vous faire une idée de la qualité de son œuvre mais il s’est avéré que c’était sans doute un peu trop long, je vais me contenter de vous reproduire un court extrait intitulé « Air tendre » et j’aimerais que tout le monde salue et applaudisse ce cher Jean-Philippe que je fête en ce dimanche de Rameau. 

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