Hier soir, j’ai eu la chance, j’ai eu l’honneur d’assister au spectacle de Marie-Paule Belle au Trianon de Bordeaux, un petit théâtre très agréable, chaleureux et sympathique ou l’artiste est plus proche de son public qu’ailleurs.

Marie-Paule, de Belle à Barbara, un intelligent mélange de chansons anciennes (jusqu’à certaines chansons du « répertoire »), de chansons nouvelles et de reprises de Barbara. Marie-Paule Belle, élégante, amusante et émouvante, est un bout de femme presque sexagénaire qui a une pêche d’enfer et qui a su nous emporter au paradis. Que ce soit la prise de son, excellente, ce à quoi nous ne sommes plus vraiment habitués ; les éclairages, sobres mais efficaces (j’ai adoré que son éclairagiste soit le seul à savoir lui mettre le soleil couchant dans son piano) ; la qualité de l’interprétation, tout en nuances quand il faut et tout en folie quand il le faut aussi, tout était bien.

Marie Paule Belle au piano

Et que dire de la beauté des textes, de la dérision de certains d’entre eux, des double-sens, des clins d’œil et de la poésie générale qui s’envolait de la scène pour venir nous envelopper de beaucoup de plaisir et de bonheur. J’ai passé un pur moment de jubilation. J’y suis même allé de ma petite larme à deux ou trois reprises, surtout dans celles de « Attendez que ma joie revienne », « Nantes » et de « Göttingen. » Marie-Paule Belle est la seule qui a la légitimité pour reprendre Barbara sans la massacrer et en sachant faire passer autant d’émotion que sa créatrice.

Barbara photo 1

Des souvenirs d’il y a quarante ans avec « Wolfgang et moi », l’incontournable « La parisienne » aux surprises de son dernier album, que je ne connaissais pas, avec « Les asphodèles » et « Celles qui aiment elles » ou elle se fait fort de son engagement en faveur du mariage pour tous en regard de son histoire personnelle, elle nous a scotchés car Marie-Paule a un putain talent d’interprète. J’en veux aussi pour preuve sa malice et sa facétie quand elle chante « Les amis de monsieur », « Si la photo est bonne » et « Elle vendait des p’tits gâteaux »

Marie-Paule Belle a eu la bonne idée de nous offrir « Dis, quand reviendras-tu » en rappel et ce fut une bien jolie façon de nous dire au revoir et, comme toute la salle a chanté avec elle, ce fut notre façon de lui faire comprendre qu’on aimerait la revoir bien vite, justement. Parce que, pour paraphraser Charles Trenet, avec elle, y a d’la joie !

Au passage, je voudrais juste saluer la mémoire d’une de nos grandes dames de la chanson, disparue ces jours-ci, à l’âge de 95 ans. Elle fut bien vite oubliée, elle aussi malgré le fait que finalement, tout le monde connaît son plus grand succès, des années 70 : Riquita. Je veux parler de Georgette Plana qui est inconnue des jeunes générations. Qui vient de partir en toute discrétion. 

Georgette Plana